[vidéo] Les racines sous la terre mais pas sous l’eau

Dans cette nouvelle vidéo, Thomas Bur, co-fondateur d'Urbasense, et Coralie Tavassoli, responsable agronomie urbaine, échangent sur les enjeux liés à l'eau autour des jeunes arbres en ville.

Ce phénomène sous-estimé a des conséquences durables

Les épisodes pluvieux intenses, comme la tempête Nils a récemment frappé l’ouest de la France, Ils remettent en lumière une réalité souvent méconnue : l’excès d’eau est l’une des principales causes de mortalité des arbres en milieu urbain.

En Île-de-France, près de la moitié des cas de dépérissement de jeunes arbres seraient imputables non pas à un manque d’irrigation, mais à un excédent hydrique prolongé.​

La difficulté tient à la nature trompeuse des symptômes. Un arbre en situation de saturation présente les mêmes signes visuels qu’un arbre souffrant de sécheresse (feuilles jaunissantes, branches retombantes, flétrissement général) ce qui conduit fréquemment les gestionnaires à accentuer l’arrosage, aggravant une situation déjà critique.
Au niveau racinaire, l’engorgement chasse l’oxygène du sol et crée des conditions d’asphyxie. La racine, privée d’air, cesse toute activité et laisse apparaître dans des traces caractéristiques d’hydromorphie : taches bleues ou rouilles, révélatrices d’une stagnation prolongée.​

Anticiper et diagnostiquer : conception et observation terrain

La prévention de cet excès hydrique commence dès la phase de conception. Deux facteurs se combinent souvent pour créer des conditions d’engorgement : une surface imperméable qui concentre le ruissellement vers la fosse de plantation, et un sous-sol compact qui bloque toute infiltration en profondeur. La fosse fonctionne alors comme un bassin sans exutoire.

La pose de toiles imperméables qui stoppent le développement d’adventices associées à une couche de mulch aggrave souvent la situation en limitant l’évaporation.
Ces choix d’aménagement, bien que courants, doivent être reconsidérés sur les sites présentant un historique de ruissellement.​

Sur le terrain, le diagnostic repose sur une observation directe du profil de sol. L’utilisation d’une gouge outil de carottage manuel simple et peu coûteux (50 à 100 €) permet à tout gestionnaire d’évaluer rapidement l’état hydrique du sol sur les premiers décimètres.

C’est la première étape d’une levée de doute rigoureuse face à une alerte. Lorsque la situation est plus sévère, des actions peuvent être envisagées comme dégager le pied de l’’arbre pour favoriser l’évaporation, ou la mise en place de puisards. L’idée c’était de creuser à la tarière des sortes de mèches d’une quinzaine de centimètres de diamètre et de les remplir de gravier pour améliorer la circulation d’air et l’infiltration en profondeur.​

Le suivi tensiométrique : pilotage et responsabilité

Face à des événements climatiques de plus en plus fréquents, la réactivité des gestionnaires dépend directement de leur accès à une information fiable et continue. Le suivi tensiométrique répond à cet impératif : des sondes positionnées dans la motte, en surface et en profondeur, mesurent en continu la réserve en eau disponible et détectent une saturation bien avant que les premiers symptômes foliaires n’apparaissent.​

Ce dispositif offre une visibilité simultanée sur l’ensemble d’un patrimoine arboré, sans devoir mobiliser systématiquement les équipes de terrain. Une sonde placée à 75 cm de profondeur peut ainsi révéler une stagnation liée à une couche argileuse compacte ou à des remontées capillaires.
Des situations qu’aucune observation visuelle ne permettrait de détecter à temps. L’alerte précoce permet d’intervenir avant d’atteindre le point de non-retour, stade à partir duquel l’arbre a déjà trop subi et déjà trop asphyxié.

La responsabilité des acteurs, maîtres d’ouvrage, entreprises de paysage, gestionnaires urbains, est engagée à chaque étape du cycle de vie de la plantation.
Disposer d’un outil de mesure objectif n’est pas seulement un avantage opérationnel : c’est une garantie de traçabilité et de justification des décisions prises dans la durée.

Visualiser la vidéo !

 

Photo : Ouest France

Autres actualités :

Abonnez-vous à notre newsletter :

* ce champ est obligatoire