Arbres urbains et stress hydrique : quand les capteurs parlent aux satellites

La ville n’est pas clémente avec les arbres : trottoirs bétonnés, sols imperméabilisés, espaces qui leur sont dédiés réduits à quelques dalles de terre. Mais jusqu'où cela impacte vraiment leur santé ?

La ville n’est pas clémente avec les arbres : trottoirs bétonnés, sols imperméabilisés, espaces qui leur sont dédiés réduits à quelques dalles de terre.
Mais jusqu’où cela impacte vraiment leur santé ? C’est exactement la question à laquelle les chercheurs de l’Université de Bourgogne, ont décidé de répondre, avec des capteurs et des satellites. Cela se passe dans le cadre du programme Wakatali, auquel nous participons depuis 6 ans.

Cette thèse scientifique est soutenue par Lola Canova de l’unité de recherche de Biogéosciences. Cette doctorante a publié une publication dans la revue internationale Science Direct. L’objectif était de croiser deux technologies que tout semble a priori opposés.

D’un côté, des capteurs micro-dendromètriques, de petits instruments fixés sur la branche d’un arbre, capables de mesurer des variations de diamètre au micron près.
La nuit, l’arbre se gorge d’eau, sa branche enfle légèrement. Le jour, il transpire, elle se contracte. Ces oscillations, aussi régulières qu’un battement de cœur, révèlent l’état hydrique de l’arbre heure par heure.

De l’autre, des images satellites qui analysent les pixels dans le visible et l’infrarouge, et calculent des indices comme le NDVI (un indice sensible à la vigueur et à la quantité de la végétation) ou le CPI, qui mesure le ratio chlorophylle/carotène dans les feuilles. Autrement dit : le niveau de jaunissement d’un arbre, vu depuis l’espace.

La taille du pied d’arbre : un facteur déterminant pour la santé de l’arbre urbain

Les arbres suivis sont des tilleuls et des érables, répartis sur trois types de situations :
pied d’arbre réduit à moins d’un mètre carré (rouge), bande plantée contrainte (jaune), bordure de parc avec sol végétalisé large (bleu).

 

 

Appendix C. Photographs

Le résultat est précis et sans appel : les arbres en situation contrainte présentent un déficit hydrique significativement plus élevé. Il n’y a pas de doute, voire pas de débat : à chaque fois que l’on désimperméabilise correctement, on améliore les conditions de vie de l’arbre. Et cela avec des mesures sérieuses à l’appui.

Il faudra cependant noter qu’une désimperméabilisation mal exécutée, soit une sol recompacté ou une terre tassée, peut faire aussi néfaste que l’enrobé d’origine. La technologie ne dispense pas du soin que l’on peut exécute sur le terrain.

Imagerie satellite et patrimoine arboré : vers un diagnostic à l’échelle de la ville

Les chercheurs ont mis en évidence une corrélation négative entre l’indice NDVI et le déficit hydrique mesuré par les capteurs : plus l’arbre est en stress, plus le NDVI est faible.
Ce qui ouvre une perspective prometteuse. A terme, une image satellite prise à la fin de chaque été pourrait permettre de dresser la liste des arbres les plus en souffrance sur l’ensemble d’une ville, sans équiper chaque arbre individuellement.

Le travail est encore long, mais les travaux de Lola Canova ont ouvert ce champ. Ce que l’on recherche : fournir aux gestionnaires de patrimoine arboré une liste des arbres à surveiller en priorité, pour ne pas suragir, pas sous-agir mais agir de façon efficace et proportionnée.

🔗 Découvrez la vidéo complète : https://youtu.be/aqQN4ClxaLQ

 

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